Pratiquer l’orpaillage en Aveyron

L’orpaillage récréatif connait un regain d’intérêt en France depuis quelques années. Et notre département Aveyronnais n’est pas en reste en matière d’or. Bien moins connu que les départements de l’Aude, le Gard, les Pyrénées-Orientales ou encore l’Ariège, L’Aveyron a aussi une longue histoire de chercheurs d’or. Il n’y a qu’à regarder la toponymie du nom de certains cours d’eau pour s’en convaincre. Ainsi un des affluents principaux de l’Aveyron, la rivière Viaur, tient son nom du latin Via Aurus, la voie de l’or.

orpaillage sur l'Aveyron, le Viaur et l'Alzou
L’orpaillage de loisir sur le bassin versant de l’Aveyron

Pourquoi peut-on trouver de l’or dans les rivières ?

L’orpaillage est une pratique minière qui consiste à extraire l’or sous forme de paillettes ou de pépites qui se trouvent dans le sol. On parle alors d’or natif alluvionnaire. Alluvionnaire car son extraction se déroule généralement dans des zones d’accumulations où se dépose l’or, charrié par les cours d’eau. On parle généralement de cycle.

L’or provient des entrailles de la Terre. Les scientifiques pensent que l’or est exogène à la terre. Elle aurait été amenée sur Terre par les astéroïdes qui ont bombardé notre planète il y a plusieurs millions d’années. Cet or s’est retrouvé concentré dans les couches de magma liquide. Ensuite, sous l’effet de la pression et de la chaleur, l’or et d’autres matériaux comme la silice ont remonté les canaux de fissures de la croute terrestre sous forme de vapeur qui s’est solidifié en entrant en contact avec des températures tempérées à la surface du globe.

Ainsi on retrouve les sources d’or natif presque systématiquement dans des veines de quartz (le Quartz étant fait entièrement de silice). Ces veines de Quartz aurifère se retrouvent alors en contact de l’air et des précipitations et subissent de plein fouet les effets de l’érosion. Voilà pourquoi on retrouve ces sources d’or natif dans les zones montagneuses.

L’or subit donc une forte érosion et se retrouve alors dans les cours d’eau où il est transporté en aval et peut se retrouver jusqu’à la mer dans certains endroits comme en Bretagne. Mais notre or peut aussi se concentrer dans certains endroits au bord de l’eau. On parle alors de placers. Ces placers sont en réalités des bancs de graviers que l’on retrouve sur les rives intérieures d’un méandre ou encore piégés dans des fissures de la roche mère du lit du cours d’eau.

Comment précède l’orpailleur pour chercher et trouver l’or ?

Chercher de l’or est finalement assez simple. Une fois qu’on a compris que l’or est très lourd (c’est ce qu’il y a de plus dense dans une rivière), l’orpailleur apprends à utiliser son matériel et à chercher l’or en gardant en tête ce principe physique. Tout l’orpaillage est basé sur la forte densité de l’or par rapport aux autres minéraux.

Le matériel, quant à lui, est assez rudimentaire. La première chose à apprendre est le maniement de la batée. En France, on utilise plus facilement le pan américain plutôt que le chapeau chinois plus technique. Ensuite, il faut du matériel pour creuser comme une pelle, des petits crochets en métal pour curer les failles dans la roche, un tamis pour dégrossir le travail de tri des graviers et enfin une rampe d’orpaillage.

Une rampe d’orpaillage est une sorte de canal muni d’un tapis en son fond qui permet de nettoyer une plus grande quantité de gravier qu’à la batée. La rampe est ensuite positionnée dans le courant pour simuler une rivière artificielle. Les graviers aurifères sont déposés au point le plus haut et sont entrainés à travers la rampe par le courant. Les tapis récupèrent l’or qui y reste coincé grâce à sa densité. Ces tapis seront ensuite nettoyés à part pour récolter l’or.

Mais l’orpailleur doit savoir où chercher. Pour cela il peut s’aider des connaissances collectives que l’on peut trouver sur internet ou les réseaux sociaux. En règle générale, les meilleurs endroits pour chercher de l’or sont des zones de ralentissement du courant: une zone où il y a beaucoup de remous, l’intérieur d’un méandre aussi appelé intrados, derrière et sous les rochers, ou encore dans les fissures de la roche.

L’orpailleur doit donc se concentrer en premier lieu à la prospection. La prospection consiste à tester le terrain pour vérifier la présence d’or et la zone la plus concentrée en or. Une fois la zone trouvée, le chercheur d’or peut alors utiliser sa rampe de lavage pour exploiter la zone. Mais attention, l’orpailleur est responsable de la remise en état du terrain qu’il exploite. À la fin de la journée, il doit nettoyer et reboucher ses trous pour effacer ses traces. Ceci dans le but de rendre à la nature ce qu’elle lui a donné.

Où trouver de l’or en Aveyron ?

Bien que moins connu que d’autres endroits, l’Aveyron demeure un département aurifère. On sait depuis longtemps qu’il y a de l’or dans le sud du département autour de Camarés dans la rivière Dourdou notamment. Des filons sont présents vers la commune de Montpeyroux. Les cours d’eau de la Truyère ainsi que sur toute sa vallée, ou encore le Viaur, affluent principal de l’Aveyron sont également aurifères. Villefranche, Orzals, le Minier, Montjoux et Trépadou sont d’anciennes mines argentifères et aurifères (il n’est pas rare de trouver de l’argent là où il y a de l’or). Les gaulois extrayaient déjà du plomb argentifère sur le site de la Madeleine à Villefranche de Rouergue, et jusqu’au moyen âge ce minerai servait à fabriquer une monnaie royale qui était battue dans les martinets du Lézert, ruisseau affluent de l’Aveyron à Labastide Lévêque (12).

Villefranche de Rouergue se situe sur la faille géologique du même nom, très connue des géologues qui s’y déplacent du monde entier. Cette faille sépare le bassin d’Aquitaine et le Massif Central sur une ligne droite de plus de 60 kms.

A l’ouest l’Aquitaine est un bassin sédimentaire, à l’est le massif central est un ensemble cristallin et métamorphique (roches du socle ancien), ce qui explique la diversité minérale de cette région et donc la présence ponctuelle d’or.

Faille géologique de Villefranche de Rouergue
Faille de Villefranche

La règlementation de l’orpaillage en Aveyron

En Aveyron comme ailleurs en France, l’orpaillage amateur est soumis à une règlementation stricte. Pour pratiquer ce loisir, il est obligatoire d’effectuer une demande auprès des services de la Direction Départementale du Territoire afin de voir dans quelles conditions cette pratique est utilisée. Cette demande doit énoncer l’utilisation d’un matériel exclusivement manuel exempt de produits chimiques. Le matériel autorisé est : le pan et le chapeau chinois, la rampe d’orpaillage légère, le pompe à main, le seau, le tamis, la pelle et le pied de biche inférieur à 50 cm.

Il faut également prendre connaissance de certaines restrictions en termes de la protection du biotope. Certains cours d’eau restreignent l’orpaillage en fonction de la faiblesse du débit. Aussi, le plus simple est de contacter directement la DDT pour prendre toutes les informations d’usage. Cette demande d’autorisation peut être occasionnelle (quelques jours, quelques semaines) ou annuelle. Le récépissé vous autorisant de pratiquer l’orpaillage amateur doit être sur vous en cas de contrôle au bord de l’eau par les autorités.

Le bassin de l’Aveyron est une pépite

Venez découvrir cette activité récréative et tant d’autres sur le territoire des vallées de l’Aveyron et de l’Alzou. Que faire dans l’Aveyron, le Tarn et le Tarn et Garonne ?

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